« Nul ne peut être heureux s’il ne jouit de sa propre estime », Jean-Jacques Rousseau

L’estime de soi est une des composantes du bien-être. Par exemple, comment pourrait-on se sentir bien si l’on pense n’avoir aucune valeur et aucune place dans ce monde ?
A l’inverse, se sentir à sa place, avoir une bonne appréciation de soi-même, savoir et ressentir dans tout son être que l’on mérite du bonheur, de l’amour… etc. Tout cela est plus propice à un bien-être durable et est lié à l’estime de soi.

La particularité de l’estime de soi, c’est que quand tout va bien on la surestime. Dès que la situation devient difficile à gérer, que l’on fait une bourde, ou que l’on est à coté de quelqu’un qui nous paraît important, alors là, notre estime de nous baisse (surtout si elle est instable). On se critique, on se dévalorise, on s’insulte parfois… « Oh mais quel con/conne« , « Pas possible, j’ai encore fait … » ou encore « Comment je vais faire pour lui parler ?« 

Définition de l'estime de soi et de la confiance en soi

Il y a parfois confusion entre estime et confiance en soi. La confiance en soi, c’est le sentiment d’être capable. Il est plaisant d’avoir confiance en soi, de sentir que « l’on va y arriver » mais ce n’est pas toujours possible ou souhaitable.

Comme tous les sentiments, la confiance est un « indicateur émotionnel ». Lorsque l’indicateur n’est pas perturbé, il donne une indication utile. Par exemple, je ne suis pas confiant à l’idée de plonger d’une falaise de 50m de hauteur. Ça tombe bien ! Je ne sais pas plonger (je n’en suis donc pas capable). Dans cette situation, il est logique de ne pas avoir confiance, c’est même préférable! Avoir confiance en soi dépend donc du contexte et (l’estimation) de notre capacité à réussir. Ne pas avoir confiance en soi est un problème uniquement lorsque l’on estime que l’action à effectuer est à notre portée c’est-à-dire que je devrais avoir confiance car j’en suis capable mais dans la pratique je n’ai pas confiance.

D’un autre côté, l’estime de soi est le sentiment qui né de l’opinion d’avoir de la valeur ou du mérite. Ainsi, quand j’ai une basse estime de moi cela signifie que je pense ne pas valoir tant que ça, ne pas mériter grand chose, ou encore ne pas avoir ma place… ce qui est souvent problématique.

Une bonne estime, qu’est-ce que c’est ?

Lorsque l’on parle d’une bonne estime de soi, il faut comprendre

  • elle se maintient dans des situations diverses y compris devant les difficultés,
  • cette estime est haute (sans être excessive),
  • mon estime et l’estime que je porte a autrui sont du même ordre,

Les 3 critères précédents me semblent être les plus importants bien qu’il en existe d’autres.
Dans le même temps, je fais la différence entre d’une part les capacités, les comportements, la position sociale et d’autre part la valeur d’un être humain.

Les éléments d'une bonne estime

Il y a 3 axes dans lesquels chacun peut observer si son estime est stable, si elle varie. si elle est haute ou basse.

Les 3 axes de l’estime de soi

Image de soi (Identité)

Comment je me perçois ?

L’estime de soi sera d’autant meilleur que la manière dont je me perçois est positive et que le rôle que j’ai, ce que je fais, est en accord avec mes valeurs et mes convictions.

Il ne s’agit pas de s’imaginer parfait mais bien de se voir tel que l’on est et d’être en accord avec cet image de soi. Et donc de se reconstruire une image qui correspond alors à ce que nous souhaitons incarner. Bref, s’accepter et faire en sorte d’être aligné avec ses convictions.

Relation avec  soi

Comment je me traite ?

Si je pense avoir de la valeur, j’aurais plus de faciliter à bien me traiter. La réciproque est vrai.

Par exemple, quand j’échoue,  je me dis que « je suis incapable » ou que « cette fois-ci je n’ai pas réussi car… ». Se blâmer ou se critiquer de manière virulente empire la situation. J’en reparle dans le prochain article.

Une approche bienveillante et constructive avec soi-même est préférable.

Rapport aux autres

Comment je me positionne et perçois par rapport aux autres ?

Dans nos rapports aux autres, on va s’autoriser ou s’interdire certains comportements selon l’estime que l’on a de nos interlocuteurs et de nous même. Une faible estime nous fait parfois dire ces phrases « Je n’ai pas ma place ici« , « Lui/Elle vaut mieux que moi« , « Elle est trop forte! À côté d’elle, je me sens tout petit » … etc.

Les éléments à entretenir

Pour résumer les éléments précédents, il y a certaines briques essentielles pour construire une bonne estime de soi. Lorsque ces éléments sont entretenus au quotidien, l’estime que l’on a de soi augmente naturellement.
La liste qui suit n’est pas exhaustive, elle indique des éléments qui ont un rôle majeur. Un article à venir sera consacré à ce sujet.

Image de soi – Identité

L’acceptation de soi
S’accepter tel que l’on est avec ses défauts et ses qualités. Accepter aussi nos humeurs, nos émotions, nos faiblesses…

Agir selon ses convictions et ses valeurs
Il s’agit de se connaître et de retrouver ses valeurs et ses convictions dans son quotidien. Si ce que je fais correspond à ce à quoi j’aspire, si je suis aligné dans mes choix de vie, mon estime de moi sera meilleure. 

Relation avec  soi

Observer ce qui fonctionne – la touche d’optimisme
Cultiver son sens de l’observation afin d’être en mesure de voir aussi le verre à moitié plein. Il ne s’agit pas d’être naïf ou idéaliste mais de pouvoir aussi observer ce qui fonctionne.

Apprendre de ses erreurs et se faire des feedbacks constructifs
Se faire des feedback équilibrés : ce qui fonctionne déjà et ce qui peut-être amélioré et en finir avec les reproches inefficaces.

 

Rapport aux autres

Ma place
Dans un groupe, chacun occupe une place. Par exemple, Robert va être celui qui parle tout le temps, Julien le timide …etc.  Vérifier si cette place nous convient et la faire changer, le cas échéant, par nos comportements.
La première étape est donc de savoir de quelle manière je souhaite contribuer à ce groupe (ou à cette société).

Ma valeur par rapport aux autres
Observer comment je me perçois quand je parle à quelqu’un. Est-ce réaliste ou pas ? Si « je me sens minuscule quand je lui parle« , même si je suis petit c’est a priori exagéré. Lorsque ma perception semble déformée par rapport à la réalité, c’est à regarder de plus prêt.

Lorsque l’on se fait des feedbacks constructifs, que l’on s’accepte, on en vient progressivement à se parler de manière encourageante et bienveillante. La vie devient plus simple lorsqu’on est soi-même notre  meilleur.e ami.e.

Par ailleurs, savoir séparer ses comportements et les problèmes de qui l’on est facilite le travail sur l’estime de soi. Il s’agit de prendre conscience lors des situations que je ne suis pas ce que je fais donc je peux critiquer et améliorer mes actions et les situations. Ma valeur, elle, reste inchangée. En une phrase, « C’est raté » plutôt que « Je suis un raté » et « j’ai un problème, je sais pas quoi faire » au lieu de « Je suis nul, je n’y arriverai jamais ».

 

Conclusion

L’estime de soi est d’abord un sentiment, celui d’avoir de la valeur en tant qu’être humain. Savoir ce qui a de l’importance est le fruit d’un choix. Je peux ainsi décider que ce qui était important hier ne sera pas aussi important aujourd’hui.

De la même manière, nous pouvons aussi décider que nous avons autant de valeur qu’une autre personne, que nous méritons d’être heureux autant que tout autre, que nous avons nos places. Cette décision seule ne suffit pas pour changer tout mon quotidien mais elle est le premier pas vers une amélioration durable de mon estime de moi qui passe par des actes chaque jour. Et chaque jour, d’un quotidien plus serein et harmonieux.

Et vous, prendrez vous cette décision de consacrer du temps à cultiver votre estime de vous ?

Références

Pour ceux et celles qui souhaitent aller plus loin,  je vous conseille :

Ayant moi-même lu ces livres ils font parti des sources ayant inspiré la rédaction des articles sur l’estime de soi. Les liens ne sont pas sponsorisés. Il s’agit d’un modeste conseil de lecture.

L’estime de soi : un secret du bien-être